Actualité du marché immobilier

Stéphane Durif-Varambon du site aficonseil livre sa vision du marché

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Acteur majeur dans le conseil patrimonial et la défiscalisation, essentiellement dans la région lyonnaise, Stéphane DURIF-VARAMBON, directeur général du groupe AFI, nous livre sa perception du marché immobilier lors du salon de l'immobilier de Grenoble (17-18-19 mars 2006). [chapeau]

Quand nous demandons à Stéphane Durif-Varambon si la tension sur les prix que connait le marché actuellement l'inquiète, ce dernier nous répond avec sérénité que nous ne sommes pas dans un marché spéculatif :

"D'après la chambre des notaires du Rhône, 66% des transactions réalisées concernent des achats d'investisseurs cherchant à se défiscaliser. Mais à la différence de la situation lors du krach immobilier de 1991, les acteurs de ce marché sont en grande majorité des particuliers qui investissent sur le long terme, pour se constituer un patrimoine pour leur retraite, ou qui cherchent un complément de revenus. Cela n'a rien à voir avec la conjoncture de 1991 où une grande part des transactions étaient effectuées par des institutionnels ou des marchands de biens, qui pariaient sur le court terme, alors que l'immobilier est un placement toujours sur le long terme. C'est la principale différence qui fait que nous ne sommes pas dans un marché spéculatif."

Prix-immo.com : Vu le rendement très faible qu'offre un investissement locatif actuellement, est-ce malgré tout intéressant d'investir dans l'immobilier ?

Stéphane Durif-Varambon : Bien sûr, car au delà du rendement, l'aspect le plus intéressant de l'immobilier est l'ensemble des cadeaux fiscaux offerts par le législateur pour l'investisseur. Ces derniers permettent de transformer de l'impôt en patrimoine, et même quand les rendements net ne sont pas élevés, cela s'avère une opération toujours très intéressante pour le particulier, puisqu'on se constitue un patrimoine tout en payant moins d'impôts.

P.I. : Les jeunes sont-ils exclus du marché ?

S D-V : Il est effectivement très difficile pour un jeune de trouver le financement actuellement, mais les taux restent très bas malgré une petite remontée, et l'allongement de la durée des prêts permet encore de se positionner sur le marché.

Cela étant, nous avons de plus en plus de jeunes clients qui achètent un bien pour le louer, se constituer un patrimoine, et qui restent en location pour des raisons de mobilité. L'investissement immobilier, c'est un placement pour l'avenir, les jeunes s'en rendent compte de plus en plus tôt.

P.I. : Constatez-vous un assagissement du marché ?

S D-V : Nous constatons que les gens redeviennent plus raisonables effectivement. Les acheteurs ne se précipitent plus comme c'était le cas il y a 2 ou 3 ans. Ils prennent le temps de la réflexion.

P.I. : L'immobilier peut-il baisser ?

S D-V : L'immobilier est un placement sûr, et même s'il connait des cycles comme tout actif, vous pouvez être certain qu'un bien acheté aujourd'hui aura pris de la valeur dans 5 ans. La pierre est une valeur refuge, car le logement est une nécessité fondamentale, donc toujours recherchée.

Le danger peut venir en revanche des professionnels qui peuvent faire monter artificiellement le marché, par des opérations plus financières que foncières. On voit fréquemment des cas de Holding ou de grands groupes qui achètent volontairement à prix fort du foncier pour créer un déficit fiscal. Ce genre d'opération peut déstabiliser le marché, mais heureusement, il est suffisament marginal pour ne pas être inquiétant.

P.I. : La bourse est-elle devenue plus intéressante que la pierre ?

S D-V : L'immobilier est globalement plus performant que la bourse. Il vaut mieux investir dans un secteur qui est sûr, que l'on connait bien, et qui sera toujours très demandé, l'immobilier, que de se risquer dans des valeurs de pays émergents que l'on ne connait que très partiellement. Bien sûr, il faut savoir diversifier ses placements, mais l'immobilier reste le plus intéressant, et offre des avantages fiscaux bien plus conséquents que la bourse.

Propos recueillis par Christophe Baillon