Actualité du marché immobilier
Immobilier américain : la baisse n'est pas terminée
Ecrit par Christophe Baillon lundi, 19 février 2007 13:48
L'immobilier américain toujours très fragile. L'immobilier américain toujours très fragile.Alors que l'on croyait le marché immobilier US en voie de stabilisation après les corrections successives, les statistiques publiées vendredi ont de quoi inquiéter les marchés. En effet, selon le Département au Commerce US, les mises en chantier de logements ont chuté de plus de 14% en janvier. Le rythme ajusté est donc très largement inférieur aux attentes, pour 1,41 million d'unités, contre un consensus de 1,6 million. Toujours pour janvier 2007, selon ce même rapport, les permis de construire ont baissé de 3% aux Etats-Unis, soit un rythme ajusté de 1,57 million d'unités.
Par ailleurs, la filiale américaine du groupe bancaire HSBC a annoncé avoir procédé au relèvement de ses provisions pour créances douteuses à hauteur de 10,5 milliards de dollars. Cette décision a été prise essentiellement en raison d'une augmentation dangereuse des impayés sur les crédits immobiliers consentis aux ménages modestes au cours des deux dernières années.
"Ce qui est perturbant, c'est qu'il s'agit de prêts récents, ce n'est pas quelque chose qui s'est détérioré avec le temps, ce sont des acquisitions qui ont mal tourné de manière spectaculaire dans un court laps de temps", commente Mike Trippitt, analyste à Oriel Securities.
Ce dernier qualifie d'ailleurs l'annonce de HSBC de "catastrophique".
A trois reprises l'année dernière, la banque avait prévenu que les défauts de paiement s'accéléraient dangereusement sur le marché du crédit immobilier aux Etats-Unis, mais personne ne s'attendait à une telle correction.
Les difficultés du groupe se situent essentiellement sur le secteur des prêts hypothécaires accordés à des personnes à la limite de la solvabilité, aux revenus modestes. Ces prêts sont effectivement très rémunérateurs, mais extrêmement risqués. L'ampleur du phénomène pourrait bien sanctionner sévèrement le groupe bancaire, comme le montre la chute spectaculaire du titre en bourse après cette annonce. Malgré cela, le groupe reste encore largement bénéficiaire, avec un résultat net de plus de 15 milliards de dollars. Les provisions pour créances douteuses devraient toutefois faire chuter le bénéfice d'environ 9%.
L'envolée spectaculaire des prix, suivie de la folle envie des ménages de devenir propriétaire, au point d'amputer dangereusement le budget mensuel pour s'endetter sur des durées complètement délirantes, commence malheureusement à faire des dégâts aux Etats-Unis. Il fallait pourtant s'y attendre, et il convient désormais de s'inquiéter du problème en France, afin d'éviter ce genre de catastrophe.
Christophe Baillon


