Actualité du marché immobilier
Le krach immobilier tout proche selon l'institut Xerfi
Ecrit par Christophe Baillon jeudi, 14 décembre 2006 15:29
L'institut Xerfi prévoit une baisse de l'immobilier de -25% pour 2010Une étude percutante de l'institut Xerfi prédit une baisse des prix immobiliers de 25% d'ici 2010...
Jusqu'ici, les "experts" prenaient des gants pour prédire le recul des prix... Ainsi, en septembre, les analystes du BIPE avaient immédiatement assorti leur prévision baissière d'un commentaire rassurant ("Cela constitue bien un atterrissage en douceur"). Rien de tout cela chez l'Institut d'études économiques Xerfi, qui assure que "le point haut du cycle a été atteint" et "le retournement sera brutal".
"-25% à l'horizon 2010"
"Les prix de l’immobilier devraient, selon notre scénario, sensiblement refluer à partir de 2007, de l’ordre de 25% à l’horizon 2010", estime l'étude. Son auteur, Alexandre Mirlicourtois, directeur des études économiques sectorielles, détaille pour Capital.fr le calendrier de la baisse : "après une progression d'environ 10% cette année, nous voyons une baisse de 2% en moyenne annuelle pour 2007, puis un recul plus marqué les années suivantes, -13% en 2008, -8% en 2009 et -3% en 2010, qui sera le point bas du cycle." Peut-on parler de krach ? "Pas réellement, car les -25% viennent après un doublement des prix, donc on reste sur des niveaux élevés. En revanche, pour ceux qui achètent maintenant, c'est vrai que la sanction risque d'être rude".
Ménages à bout d'endettement
Les arguments justifiant ce recul des prix sont connus : "on n'avait jamais vu une telle hausse par rapport à la tendance de long terme, autant à Paris qu'en province, et les ménages n'ont plus la capacité d'acheter. On arrive au bout du système des prêts à rallonge", explique Alexandre Mirlicourtois. "Par ailleurs, les niveaux de mises en chantier sont élevés, avec près de 3 millions de logements construits ces 10 dernières années dans l'hexagone". "Tout cela fait que nous ne croyons pas au scénario de l'atterrissage en douceur". D'ailleurs, aux Etats-Unis, "on ne parle plus d'un ralentissement de la hausse des prix, mais d'une baisse bien réelle"...
Professionnels mieux protégés
Quelles seraient les conséquences d'un tel retournement sur l'économie française ? "A la lumière du zéro pointé du 3ème trimestre, les perspectives de croissance pour 2007 s’assombrissent, compte tenu de la dégradation prévue de l’environnement international et de la perte de vitesse du marché immobilier", précise l'étude. Même si les acteurs du logement sont mieux protégés contre les à-coups du marché : "échaudés par la dernière crise immobilière, les promoteurs sont devenus beaucoup plus prudents et ne s’engagent plus dans des programmes en blanc. En outre, le segment de l‘immobilier d’entreprise est en plein boom. De leur côté, les banques se protègent en transférant le risque de crédit à d’autres acteurs". Pour les ménages, en revanche, l'heure n'est plus à la fête...
Source : capital.fr


