Actualité du marché immobilier
La révolte des jeunes en galère contre le logement trop cher
Ecrit par Christophe Baillon lundi, 30 octobre 2006 18:15
Révoltés de subir la pression des prix de l'immobilier causée d'après eux par l'inaction totale de la part des politiques, les membres du collectif jeudi noir ont décidé de passer à l'action pour se faire entendre et inciter les pouvoirs publics à réagir face à la situation. Samedi dernier, une vingtaine de membres sont allés visiter des biens hors de prix, des studios à plus de 800 euros sur Paris, avec des bouteilles de champagne, sachant leurs revenus bien insufisants pour prétendre accéder à ce type de logement, afin de souligner l'absurdité de la situation.
Voici le communiqué de presse du collectif jeudi noir :
Il y a 77 ans exactement, du 24 au 29 octobre 1929, l’éclatement d’une bulle spéculative à Wall Street marquait le début d’une grande période de récession.
Jeudi 26 octobre 2006 : un nouveau Jeudi Noir ?
Depuis 1929, la folie spéculative n’a jamais vraiment quitté les marchés financiers. 15 ans après le dernier krach – baisse des prix immobilier de 60% à Paris entre 1991 et 1995 – la spéculation est repartie de plus belle. Quand elle s’attaque au logement, ce sont des centaines de milliers de personnes qui sont chassées, repoussées loin des centres-villes, ou encore contraintes d’habiter des logements minuscules, insalubres et surpeuplés.
L’Etat, loin de jouer son rôle de régulateur, a consacré ses efforts à l’entretien de la spéculation. Les politiques d’aides au logement (aide à la location et aide à l’accession à la propriété) n’ont fait que tirer les prix vers le haut. Les actuels propriétaires sont les principaux bénéficiaires des politiques du logement. Pendant ce temps-là, les jeunes sont tout simplement laissés sur le carreau. Que ce soit avec un endettement sur 35 ans à l’âge de 30 ans, en surpayant leurs loyers (montant annuel du loyer 4 fois plus cher à 25 ans qu’à 65 ! ) ou jonglant entre les situations précaires, ce sont les jeunes qui paient la facture de cette non-régulation.
Pourquoi « Jeudi Noir » ?
Pour les jeunes en recherche de logement, le jeudi est une journée noire : celle de la chasse aux petites annonces. Des logements toujours plus chers et des bailleurs toujours plus exigeants. C’est aussi la journée ou on envisage des solutions alternatives : colocation, sous-location, logement chez des proches, squat, retour chez les parents ?…
A la sortie du PAP, lors des visites d’appartements, dans les agences immobilières : tous les jeudis nous attaquerons le mal-logement, le mettrons en lumière pour le faire sortir de l’oubli. En pointant du doigt la spéculation, entretenue par l’Etat, nous dénoncerons la supercherie immobilière : statistiques au mieux approximatives, bizutage immobilier de la jeunesse, aides aux locataires détournées de leur objectif et autres politiques publiques pro-cycliques…
Les politiques du logement peuvent jour un rôle stabilisateur. Elles doivent aider prioritairement les personnes qui ont besoin de se loger. Aux pouvoirs publics de se mobiliser. A nous de leur rappeler.


