Actualité du marché immobilier
Salon immobilier de Paris : la tendance du marché
Ecrit par Christophe Baillon mardi, 03 octobre 2006 13:06
La synthèse de la conférence tenue par la FNAIM sur la tendance du marché immobilier en France Le salon immobilier de Paris s'est tenu du 29 septembre au 1er octobre àl'espace Champerret. Optimisme et sérénité, telles sont les impressions que
dégagent majoritairement tous les acteurs présents sur le salon.
Durant cette semaine, vous trouverez sur Prix-Immo chaque jour la synthèse
de la vision de différents intervenants du salon de Paris.
Pour commencer ce résumé, évoquons la conférence du premier jour tenue
par les représentants FNAIM de la couronne francilienne, intitulée
"Les tendances du marché en France". Les intervenants sont au nombre de 8, un
par département. Globalement, la tendance est à l'optimisme, aucun risque
de retournement de marché si l'on en croit les paroles des intervenants, en
tout cas pendant la première partie de la conférence.
A Paris intra muros, le marché se porte très bien, les prix s'orientent vers
la stabilité, même si les délais de vente s'allongent, et les négociations
de plus en plus en faveur de l'acheteur. Les stocks augmentent, ce qui donne
plus de choix à l'acquéreur. L'intervenant regrette d'ailleurs que le marché
soit très clairement devenu inaccessible pour la majorité des ménages, et
réservé aux gros revenus. Concernant le 93, comme la tendance générale,
on connaît un ralentissement de la hausse, mais pas une baisse des prix. Le
délai moyen de revente d'un bien est d'environ 2 mois.
L'intervenant FNAIM de l'Oise indique une stabilité des prix, et un comportement
plus raisonnable de la part des acheteurs. Les banquiers commencent à refuser
certaines demandes de crédits sur 25 ans, ce qui a tendance à calmer fortement
la hausse. Le marché locatif reste toutefois très dynamique selon lui.
L'orateur responsable du 92 est beaucoup plus catégorique : "Les prix ont
quasiment doublé en 4 ans, ils n'ont aucun risque de baisser,
contrairement à ce qu'a pu déclarer un certain ministre devin, car les prix
en Haute Seine sont 20 à 30% moins cher qu'à Paris", faisant allusion à la
déclaration du ministre du logement et de la cohésion sociale, Jean-Louis
Borloo, annonçant que le marché risque de baisser sensiblement dans les 2 à
3 ans.
Dans le 78, le marché est "très sain", et la confrontation offre et demande
reste très stable. La hausse des prix est faible par rapport aux autres
départements de la courone. Les produits à rendement sont particulièrement
intéressants.
Dans le 95, c'est là où l'on trouve le plus de primo-accédants, en raison
de la faiblesse des prix. Le marché n'est pas à la baisse, même si la durée
des mandats est beaucoup plus longue, et les négociations de plus en plus
marquées. La demande reste très soutenue.
Le 91 connait lui aussi une stabilisation des prix. Un loyer est équivalent à
la mensualité d'un crédit immobilier, ce qui incite les ménages à acheter.
Les primo-accédants ont toutefois de grandes difficultés à trouver des biens
adaptés à leurs revenus.
Pour finir, l'intervenant du 94 souligne que le marché ne baisse pas, et que
les acheteurs d'il y a 10 ans ont pratiquement tous rénové leur bien, ce qui
leur donne de la valeur, et contribue à soutenir le marché.
Après cette présentation de chacun des responsables de secteur, vient le moment
de la séance de questions/réponses.
Tout commence par des questions de personnes fascinées par la vigueur du marché,
rassurées par l'optimisme sans faille des précédents orateurs, à la recherche
d'un placement leur conférant sécurité et rendement. Les uns demandant si le
marché des produits d'exception reste une valeur sûre, les autres cherchant
à connaitre le secteur le plus rentable pour investir. C'est alors que surgit
une première question timide sur un éventuel retournement du marché.
L'intervenant de la chambre FNAIM de Paris répond alors qu'il ne faut
pas s'inquiéter, la France est à mille lieues de connaitre des prix aussi
élevés que nos voisins européens, et nous avons encore de la marge. Il va même
jusqu'à traiter le ministre Jean-Louis Borloo de "Mme Soleil" après ses
prédictions hasardeuses, et qualifie de fantaisistes le rapport du BIPE
prévoyant une baisse de 4% de l'immobilier l'année prochaine.
C'est à ce moment là que le reste de la conférence ne se fera plus que
sur le thème du krach immobilier. Un groupe de particuliers présents dans la
salle, qui souhaitent informer l'opinion sur l'incohérence du marché et le
risque énorme d'un retournement brutal des prix, s'exprimant régulièrement
sur des forums sur le web, interviennent pour
contredire l'argumentation de la FNAIM. On lit l'inquiétude sur certains
visages, qui désormais perçoivent le scénario de dépréciation sévère de leur
bien décrit comme probable par certains, arguments à l'appuie.
Un particulier prend la parole, pour souligner que 18% du PIB espagnol
dépend directement de l'immobilier, ce qui constitue un grave danger pour
l'économie si le marché se retourne. Une autre personne montre la contradiction
des mots de l'intervenant de la FNAIM Paris qui a répété à plusieurs reprises
à la fois "Le marché est stable", et "le marché va prendre 10%".
La divergence entre évolution des revenus des ménages et prix de l'immobilier
est mise en avant, tout comme la désolvabilisation progressive des acheteurs
potentiels en raison de la hausse des taux. Une pluie d'arguments plaidant
en faveur d'une sévère baisse du marché viennent décrédibiliser les
représentants FNAIM, qui cachent difficilement leur difficulté à garder leur
ligne argumentaire, à tel point qu'ils en arrivent même à avouer : "il n'est
pas impossible que le marché baisse de 10 ou 30% dans les 10 ans, mais
personne n'est devin, nous ne pouvons pas savoir ce qui se passera, il sera
quoiqu'il arrive toujours plus intéressant d'acheter que de perdre de l'argent
dans des loyers".
La FNAIM sera même accusée de ne pas vouloir informer les particuliers
des réels dangers qui menacent le marché. Au final, après avoir voulu donner
une image très saine et optimiste de la tendance des prix, la FNAIM sera
contrainte de nuancer ses propos en admettant qu'une baisse significative
n'est pas à exclure, ce qui était totalement hors de propos au début de
la conférence.
Cette conférence aura quelque peu décontenancer la chambre FNAIM et aura
installé un doute non négligeable quant à la véritable santé du marché auprès
des personnes présentes.
A suivre sur prix-immo d'autres entretiens sur le salon de Paris.
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