Actualité du marché immobilier
L'immobilier mondial en déclin ?
Ecrit par Christophe Baillon samedi, 26 août 2006 02:57
Pour la première fois depuis le début de l'ascension fulgurante de l'immobilier amorcée ces dernières années, des faiblesses flagrantes viennent ternir la vision des plus optimistes observateurs du marché immobilier mondial.
Rightmove, le site anglais d'annonces immobilières, fondé par les 3 plus grandes enseignes du secteur, contrôlant 75% du marché britannique, vient de publier son indicateur sur les prix de l'immobilier arrêté au 12 août 2006.
Le prix moyen des biens immobiliers mis en vente en Grande-Bretagne jusqu'en août a chuté de 1,6%, soit une progression annuelle de 9%. Le sud-est de l'Angleterre enregistre le plus fort recul à -3,6%. Suivent ensuite les West Midlands (-2,4%), le sud-ouest (-2%) et le grand Londres (-1,5%).
Alors que les prix enregistraient il y a 2 mois leur hausse la plus élevée en 5 ans, on assiste ce mois-ci à la baisse la plus rapide en 2 ans.
Rightmove signale également que le délai moyen de vente s'est rallongé de 78 à 81 jours, et constate une augmentation significative des stocks de logements à vendre.
A quelques jours d'intervalle, ce sont les statistiques américaines qui sont tombées, avec comme conséquence de faire reculer Wall Street. L'indicateur des ventes de logements anciens aux US publié par la NAR (La fédération des agents immobiliers américains) montre un décrochage de 4,1% en juillet, ressortant sur un rythme ajusté de 6,33 millions d'unités, au plus bas depuis le début d'année 2004.
Le rapport de la NAR confirme également une baisse des prix médians et une importante augmentation des stocks, signe alarmant d'une possible forte baisse du marché.
Mais le plus frappant reste le communiqué du président de la NAR quelques jours auparavant, qui traduit sa grande inquiétude pour l'avenir, et son impuissance face à la crise. Ce dernier a indiqué qu'il jugeait la décision de ne pas procéder à une 18ème hausse des taux consécutive de la part de la FED comme étant une bonne décision pour l'économie. Il ajouta : Cette décision est positive pour le marché immobilier, qui, durant les 5 dernières années a connu une extraordinaire croissance, alors que beaucoup d'autres secteurs furent en déclin. L'immobilier a permis ces dernières années de soutenir l'économie toute entière. Tout cela grâce à la faiblesse des taux d'intérêt. Le marché immobilier est maintenant devenu très fragile aux Etats-Unis, et la dernière décision de la FED montre la prise de conscience de l'importance du rôle de l'immobilier pour l'économie américaine.
Le président de la NAR supplie en quelques sortes la Réserve Fédérale américaine de fournir des liquidités en abondance en maintenant artificiellement les taux d'intérêt à des niveaux très faibles pour soutenir l'immobilier.
Cela sera-t-il suffisant ?Les hypothèses d'éclatement de la bulle immobilière mondiale reviennent sur le devant de la scène. Les conséquences risquent d'être désastreuses si l'on doit en arriver là.
Le lendemain de la publication des statistiques de l'ancien, le département du Commerce a indiqué que les ventes de logements neufs avaient reculé de 4,3 % le mois dernier aux Etats-Unis, pour un total d'environ 1,07 million, en deçà des attentes des analystes, confirmant ainsi la décroissance du marché immobilier américain.
En France, la baisse se fait encore timide. D'après les statistiques de la FNAIM, l'immobilier a baissé de 0,3% au mois de juillet.
Attention toutefois de ne pas mal interpréter les chiffres publiés par la FNAIM : lorsque cette dernière annonce au mois de juillet une hausse de l'immobilier de 8,8% en glissement annuel, cela ne reflète pas la tendance amorcée. Il convient de lire le rapport entièrement pour constater qu'entre juin et juillet, les prix ont très légèrement baissé.
La poursuite de la hausse n'est maintenant plus envisageable actuellement. Reste à anticiper l'ampleur du phénomène. Prix-Immo.com ne manquera pas de publier des analyses techniques pour vous tenir au courant.
Rédaction et traduction des communiqués : Christophe Baillon

