Actualité du marché immobilier
Immobilier US : baisse des ventes de logements neufs
Ecrit par Anne Chartier mercredi, 27 juin 2007 14:24
Incertitudes sur l'avenir du marché immobilier américainLe département du commerce américain vient de publier ses chiffres concernant les ventes de logements neufs. Sans surprise, ils continuent leur baisse, avec -1,6% au mois de mai à 915.000 unités, légérement moins que les 925.000 anticipés.
L'immobilier aux Etats-Unis n'est décidément pas sorti de la crise. En un an, les ventes de logements neufs ont baissé de près de 16%.
La NAR (National Association of Realtors : association nationale des agents immobiliers américains) a annoncé côté logements anciens une baisse de 0,3% en mai à 6 millions d'unités, plancher depuis juin 2003.
Les avis sont partagés concernant l'avenir de cette crise.
RBC Financial group confirme la mauvaise santé actuelle de l'immobilier résidentiel, mais pense que la situation devrait s'améliorer début 2008, si l'on en croit la décrue des stocks de logements neufs à vendre depuis le mois de mars.
Global Insight en revanche ne voit pas d'amélioration possible du marché immobilier américain avant le milieu 2008, car la hausse des taux d'intérêt, la crise traversée par les fonds d'investissements dans le crédit à risque et la baisse de confiance des constructeurs sont des facteurs défavorables.
Lawrence Yun, économiste à la NAR estime que la faiblesse du marché est compréhensible : "Ce sont avant tout des facteurs d'ordre psychologique qui bloquent le marché : les acheteurs semblent attendre des signes de stabilité avant de se décider à acheter. Pourtant, les fondamentaux économiques sont plûtot positifs, si l'on regarde la solidité des créations d'emploi, la croissance économique et l'attractivité des taux d'intérêt. Ces fondamentaux ne justifient pas une si mauvaise santé du secteur immobilier"
La NAR semble vouloir ignorer les autres facteurs qui rendent fragile le secteur, notamment la crise des fonds d'investissement dans le crédit à risque, la désolvabilisation progressive des ménages, et l'augmentation des défaillances.
Au mois de mai, le prix de vente médian d'un logement ancien, tous types confondus, s'établit à 223.700 dollars, 2,1% en dessous du niveau atteint en mai 2006 (228.500 dollars)
Il faut maintenant surveiller de près comment les ménages digèrent les informations confirmant la mauvaise santé du marché immobilier, et observer l'impact psychologique sur l'acte d'achat. Autre élément important à surveiller : les conséquences de la crise des fonds d'investissement à risque sur l'économie américaine et mondiale.
Avec une bonne gestion de la crise de la part de la FED et des acteurs impliqués, l'impact pourra être sous contrôle, mais il n'est pas impossible que cela déborde sur les marchés financiers et immobiliers mondiaux, et les marges de manoeuvre restent cependant limitées.
Anne Chartier
Conseillère financière à New York pour Prix Immo


