Actualité du marché immobilier
L'immobilier ne monte plus, exemple à Grenoble, Crolles
Ecrit par Christophe Baillon vendredi, 08 juin 2007 18:22
Les prix de l'immobilier semblent arriver en haut de cycle"Cela fait déjà 3 ans que les prix de l'immobilier ne montent plus vers Crolles ou Biviers, proche de Grenoble" confie un notaire à Prix-Immo, désirant préserver son anonymat. Crolles, la ville qui héberge le vaste complexe de recherche en nanotechnologies, en quelques sortes la "silicon valley" des Alpes, et les environs, ont été au début des années 2000 touchés par une augmentation des prix bien plus forte que le reste de la France.

L'installation de nombreux cadres, chercheurs et scientifiques dans la région avec le développement du pôle technologique, en a été la principale raison.
Mais les notaires et professionnels de l'immobilier du coin affirment que depuis fin 2004, les prix ne montent plus. La région est pourtant habitée par des ménages à fort pouvoir d'achat, mais à plus de 3600 euros le m2 pour une maison en moyenne, la propriété reste difficilement accessible. On constate même une baisse d'environ 4% à proximité de Crolles selon les zones depuis le mois de janvier.
De là à dire que les prix dans la région vont s'effondrer, on en est loin, car économiquement, le cadre reste attractif.
Mais si l'on rapproche l'avis des tous les professionnels que nous interrogeons, toutes les villes qui ont connu une très forte hausse ont cessé d'augmenter, et les autres achèvent leur rattrapage, avec modération.
On se situe visiblement en haut de cycle, et les chances que les prix augmentent encore sont très faibles.
L'hypothèse du krash est souvent évoquée, mais ne semble pas envisageable pour de nombreux économistes, tant la demande reste forte.
On assiste à un paradoxe : les ménages veulent tous acheter, mais peuvent de moins en moins. Les stocks de biens à vendre augmentent, et comme les acquéreurs sont de plus en plus insolvables, les prix n'augmentent plus.
Cette situation ressemble au début de l'éclatement d'une bulle, comme aime le rappeler Marc Touati, ex-chef économiste de Natexis Banques Populaires, président de l'ACDE (Association pour la Connaissance et le Dynamisme Economiques), qui affirme qu'il y a bulle immobilière lorsque la croissance du PIB est en décorellation avec la croissance des prix de la pierre, ce qui est largement le cas ces dernières années.
Situation inédite depuis 1991, on commence à trouver des promoteurs qui revoient les prix des programmes immobiliers à la baisse, faute d'acquéreur solvable, comme c'est le cas à Marseille ou Lyon.
Mais le désir très fort des français de devenir propriétaire à tout prix, et les mesures Sarkozy de déductibilité des intérêts d'emprunt sèment le doute lors de toute tentative de prévision du marché à moyen terme.
La seule chose sur laquelle presque tout le monde s'accorde : la hausse des prix est terminée, et le temps des plus values à 2 chiffres est bien terminé.
Christophe Baillon
Prix-Immo


