Actualité du marché immobilier
Entretien avec un notaire lors du salon de l'immobilier de Grenoble
Ecrit par Christophe Baillon mercredi, 10 mai 2006 17:05
Nous avons rencontré un notaire isérois, au salon de l'immobilier de Grenoble, qui a accepté de nous donner sa perception du marché immobilier. Son nom ne peut être communiqué sans l'autorisation de la chambre des notaires, cette dernière étant responsable des déclarations de presse de l'ensemble des notaires. [chapeau]
Prix Immo : Constatez-vous une baisse de l'activité, une baisse des prix ?
Notaire : Nous constatons effectivement que depuis quelques mois, les prix n'augmentent plus, ou très peu. Les délais de vente se rallongent, en particulier pour les surfaces importantes. Notre activité reste malgré tout toujours très chargée, et les prix ne baissent pas.
P.I. : Le marché est-il composé principalement d'investisseurs ?
N. : La majorité des dossiers que je traite dans mon étude sont des achats de résidence principale. Je me garderai de vous donner de tête des chiffres hasardeux. Il faut se référer à la chambre des notaires pour obtenir des statistiques précises.
Néanmoins, je constate que les jeunes qui deviennent propriétaires sont de moins en moins nombreux, et il devient très difficile sans apport pour un jeune d'entrer sur le marché. Depuis 3 ou 4 ans, les dossiers de prêt sur de très longues durées se multiplient. Il devient très fréquent maintenant de voir des crédits sur 30 ans.
P.I. : Un krach immobilier est-il envisageable ?
N. : Il n'y a pas d'inquiétude à avoir si les taux restent très bas. Même s'ils remontent un peu ces derniers temps, ils devraient rester historiquement accomodants. Une féroce concurrence règne dans le secteur bancaire, au point de rendre invisible les remontées de la BCE pour le particulier.
L'éclatement de la bulle immobilière que la France a connu en 1991, et qui a totalement bloqué le marché en 4 mois, était principalement causée par la spéculation dans l'immobilier d'entreprise. La situation est bien différente aujourd'hui, la demande de logements étant bien supérieure à l'offre.
Le marché devrait par ailleurs retrouver de la vigueur courant mai, car c'est habituellement à cette période que les mutations ont lieu.
P.I. : La bourse devient-elle plus rentable que l'immobilier à vos yeux ?
N. : L'immobilier reste toujours un placement sûr, une valeur refuge
qui permet de se constituer un patrimoine. La bourse remonte, certes, mais les
craintes causées par l'éclatement de la bulle internet en 2001 sont toujours
présentes, et les français préfèrent massivement investir dans la pierre.
Propos recueillis par Christophe Baillon


